À retenir : Paul Seixas remporte la Faun Ardèche Classic après une attaque planifiée à 45 km de l’arrivée, au pied du Col de Saint-Romain-de-Lerps. Initialement prévu pour sortir en petit groupe, il s’est finalement isolé après avoir distancé Matteo Jorgenson, avant de résister seul jusqu’à l’arrivée malgré la difficulté du Val d’Enfer et la poursuite menée par Christen et Martinez. Une victoire collective, maîtrisée tactiquement et aboutie mentalement.
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Paul Seixas domine la Faun Ardèche Classic : attaque planifiée, maîtrise totale et victoire en solitaire
Après sa première victoire professionnelle et une deuxième place remarquée au Tour de l’Algarve, Paul Seixas était attendu pour sa première course de la saison en France. Il n’a pas déçu.
Samedi 28 février, il a dominé la Faun Ardèche Classic avec maturité et autorité pour signer sa deuxième victoire de l’année, la première sur sol français. Une performance construite collectivement, puis finalisée seul face au vent et à la pression.
Une stratégie claire dès le départ
Le plan était précis : protéger Paul toute la journée, contrôler la course collectivement, puis durcir au pied du Col de Saint-Romain-de-Lerps.
Noa Issidore et Jordan Labrosse ont parfaitement rempli leur rôle. Positionnement, tempo, protection : tout était en place pour permettre à Seixas d’aborder le moment clé dans les meilleures conditions.
À 45 kilomètres de l’arrivée, Paul prend les commandes.
Un scénario prévu… qui devient encore plus ambitieux
L’objectif initial n’était pas de partir seul. L’équipe voulait provoquer une sélection, sortir avec un groupe réduit de cinq ou six coureurs maximum.
Mais la course a évolué.
Seixas se retrouve avec Matteo Jorgenson. Le tempo augmente. Les relais ne viennent pas.
Dans la bosse suivante, Paul décide d’imposer son rythme pour éviter tout retour des poursuivants. Jorgenson cède. Seixas comprend immédiatement. Il bascule seul en tête.
Ce qui devait être une offensive collective devient une attaque en solitaire.
Le Val d’Enfer : le moment de vérité
Le Val d’Enfer porte bien son nom. Secteur exigeant, irrégulier, usant. Un terrain où l’effort solitaire peut rapidement tourner au supplice.
Seixas ne le nie pas : « C’était dur, dans le Val d’Enfer, j’étais parfois mal mais je me forçais à garder le rythme. »
Derrière, la poursuite s’organise avec un groupe comprenant Jan Christen et Lenny Martinez. Le vent, la fatigue, la pression : tous les éléments sont réunis pour fragiliser l’homme de tête.
Mais Paul gère que ce soit l’effort, l’alimentation, mais aussi un mental de champion.
Il transforme la difficulté en terrain favorable.
Les images de Billy Ceusters pour revivre l’exploit
L’exploit sportif prend une autre dimension à travers l’objectif de Billy Ceusters. Attaque, solitude, tension du Val d’Enfer, arrivée devant les proches : chaque cliché raconte l’intensité de cette journée.
Photographier une attaque lointaine comme celle-ci ne se résume pas à déclencher au bon moment. Il faut anticiper le mouvement, lire la course, comprendre où elle peut basculer. Billy Ceusters ne capture pas seulement un vainqueur : il capture le basculement.
Sur ses images, on perçoit :
– la détermination de Paul Seixas à 45 km de l’arrivée,
– la tension dans le Val d’Enfer, quand l’effort devient intérieur,
– Paul passe cette ligne d’arrivée mains levées vers le ciel.
Son travail met en valeur la dimension humaine de la performance. Les visages ne sont pas figés. Les corps ne sont pas esthétisés artificiellement. On sent la fatigue, le vent, la lumière ardéchoise qui sculpte les reliefs. C’est une photographie de terrain, immersive, qui donne à voir l’effort tel qu’il est vécu.
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Dans une époque où l’image sportive est souvent standardisée, ces clichés gardent une signature : proximité, lisibilité, intensité. Les photos officielles sont disponibles sur son site internet.
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La course de Paul Seixas vu par Billy Ceusters
Une victoire aussi mentale que physique
Cette Faun Ardèche Classic ne se résume pas à une attaque lointaine. Elle raconte la maîtrise d’un coureur capable d’adapter le plan en course, d’analyser ses adversaires et d’assumer une décision lourde : partir seul à plus de 40 kilomètres de l’arrivée.
Seixas explique : « C’était prévu avec l’équipe d’attaquer à ce moment de la course avec pour objectif de sortir avec un groupe réduit de 5 ou 6 coureurs maximum. Je me sentais exceptionnellement bien aujourd’hui, je me suis retrouvé avec Jorgenson et, au début, comme il ne prenait pas de relais, je pensais qu’il bluffait un peu. Mais dans la bosse, quand j’ai mis mon tempo pour être sûr que les autres ne rentrent pas, j’ai vu qu’il n’arrivait pas à suivre alors je suis parti seul. »
Il ajoute : « Je pensais à ma famille sur la ligne d’arrivée, c’était l’anniversaire de mon papa. C’était dingue, j’ai eu du mal à y croire ! C’était une journée de folie et l’équipe a fait du super boulot. »
La victoire devient alors plus qu’un résultat : un moment personnel, partagé avec ses proches.
Une journée aboutie pour le collectif
Cette réussite dépasse le seul vainqueur. La course a été structurée, contrôlée et exécutée conformément au plan initial. Le collectif a travaillé jusqu’au moment clé. Puis le leader a assumé.
Une journée aboutie. Pour le groupe. Pour la suite de la saison. Et pour confirmer que Paul Seixas n’est plus seulement un talent prometteur, mais déjà un coureur capable de gagner en patron sur une classique exigeante.




























