À retenir : Les carburants glucidiques à haut débit visent 90 à 120 g de glucides par heure pour soutenir des intensités élevées. L’intérêt dépend de l’intensité, de la durée et de la tolérance digestive, avec une progression obligatoire. Sans entraînement du tube digestif, le bénéfice théorique se transforme souvent en contrainte.
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Article issu de données fournies via un communiqué de presse 6D Sports Nutrition. Nous analysons ici l’intérêt.
Carburants glucidiques à haut débit : comprendre la logique physiologique
Pendant des années, la nutrition à vélo a reposé sur l’expérience et le « bon sens ». Aujourd’hui, l’augmentation des intensités et des distances pousse vers des carburants glucidiques à haut débit. L’idée est simple : à mesure que l’intensité monte, le muscle privilégie les glucides. Or, les réserves de glycogène restent limitées. Il devient donc logique de soutenir l’effort avec des apports exogènes plus élevés et plus réguliers.
Les travaux en physiologie confirment plusieurs points clés. L’absorption intestinale du glucose plafonne autour de 60 g/h via un transporteur dédié. L’ajout de fructose mobilise un autre transporteur et permet de dépasser ce plafond. Certains ratios glucose/fructose améliorent à la fois l’oxydation des glucides et la tolérance digestive. Ainsi, viser un débit plus élevé peut prolonger un effort à haute intensité, quand l’oxydation glucidique domine.
Cependant, ce raisonnement comporte des conditions. L’intestin doit être préparé. L’intensité doit rester suffisamment stable pour que la vidange gastrique suive. La logistique doit être maîtrisée pour maintenir l’objectif horaire. Sans ces prérequis, le modèle se grippe et le bénéfice s’érode.
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90 à 120 g de glucides par heure : ce que montrent les études, et leurs limites
Sur le plan expérimental, des apports proches de 90 à 120 g de glucides par heure peuvent soutenir l’oxydation glucidique et retarder la baisse de rendement lors d’efforts prolongés. Le mécanisme tient à l’utilisation de voies d’absorption complémentaires et à une meilleure disponibilité énergétique. En contexte contrôlé, le protocole fonctionne, car tout est aligné : intensité connue, environnement stable, athlètes entraînés.
Sur route, la réalité change. Le profil d’effort présente des variations, la chaleur et la déshydratation modifient la tolérance digestive, et les contraintes de course imposent des prises irrégulières. De plus, la physiologie individuelle introduit des écarts. Certains cyclistes tolèrent rapidement des débits élevés, quand d’autres butent sur des troubles digestifs dès que l’on dépasse une certaine charge.
Il faut donc considérer ces fourchettes comme des plafonds potentiels, pas comme des prescriptions universelles. Pour beaucoup, la zone utile se situe plus bas, puis évolue avec l’entraînement digestif et l’expérience. Le bon repère reste la performance durable, pas la chasse au chiffre.
De la théorie au terrain : les conditions qui rendent l’approche viable
Pour appliquer les carburants glucidiques à haut débit, plusieurs conditions concrètes s’imposent. L’entraînement digestif constitue la priorité. Il s’agit d’habituer progressivement l’intestin à recevoir plus de glucides pendant l’effort, sur des sorties ciblées et à des intensités comparables à l’objectif. Une montée par paliers, testée sur plusieurs semaines, permet d’identifier le point d’équilibre entre apport et tolérance.
La régularité des prises importe autant que la quantité horaire. Fractionner l’apport sur l’heure facilite la vidange gastrique et l’absorption intestinale. La stabilité de l’intensité aide également, car les pics répétés, notamment en bosse, perturbent la digestion. La logistique enfin doit être anticipée : choix des formats, accès facile aux produits, disponibilité de l’eau pour ajuster la concentration des boissons.
Le signal d’alerte est toujours digestif : ballonnements, nausées, inconfort, ralentissement du pédalage pour « laisser passer ». À la première alerte, on réduit le débit et on réévalue la stratégie. L’objectif est la répétabilité, pas la prouesse isolée.
6d Sports Nutrition : la logique des « Units » au service du débit glucidique
L’approche 6d Sports Nutrition s’inscrit dans ce nouveau paradigme. La marque propose une structuration de l’apport via des « Units » clairement identifiées, comme Sports Unit ou Ultra Unit, pensées pour compter simplement les glucides par heure. Le principe consiste à définir des portions standardisées et à assembler ces unités pour atteindre le débit cible, plutôt que de jongler avec des produits disparates.
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Cette simplicité apparente présente un atout : elle impose une planification horaire explicite et limite l’empilement approximatif de gels et de boissons. Le cycliste sait ce qu’il consomme et pourquoi. Néanmoins, la méthode suppose déjà une acculturation minimale aux notions de glucides par heure, de ratios et de progressivité. Sans cette base, l’outil peut se transformer en carcan, surtout si l’on vise trop haut, trop vite.
La gamme se concentre sur le débit plutôt que sur la variété sensorielle. Ce choix clarifie l’objectif, mais il peut montrer ses limites sur les efforts très longs, où le plaisir gustatif et la diversité des textures aident à maintenir l’adhésion au protocole. En pratique, l’athlète doit tester, ajuster et construire son propre mix, au-delà de la seule logique d’unité.

À qui conviennent les apports élevés en glucides à vélo ?
L’intérêt de viser 90 à 120 g de glucides par heure augmente avec l’intensité soutenue et la durée de l’effort. Un cyclosportif engagé sur un parcours montagneux, qui cherche à « tenir » les ascensions à une puissance élevée, peut en tirer profit, à condition d’avoir entraîné son système digestif. Un triathlète longue distance ou un pratiquant d’ultra-endurance, qui stabilise son intensité sur de longues sections, peut également y trouver un avantage.
À l’inverse, un cycliste récréatif ou un pratiquant sur sorties modérées n’a pas d’intérêt immédiat à viser ces plafonds. Une stratégie plus conservatrice, bien tolérée et régulière, suffira largement à éviter la fringale et à finir fort. Par ailleurs, certains profils digèrent mieux un débit intermédiaire mais parfaitement tenu, plutôt qu’un objectif ambitieux et inconstant.
Le choix se fait donc sur trois axes :
- objectifs,
- intensité durable
- tolérance.
C’est l’intersection de ces facteurs qui dicte le niveau de débit pertinent, pas une norme universelle.
Planifier et tester son débit glucidique : méthode pragmatique
La planification commence par l’analyse de la sortie cible : durée, dénivelé, intensité prévue, points d’approvisionnement. On fixe ensuite un objectif horaire réaliste, compatible avec sa tolérance actuelle. La progression doit être graduelle, avec des essais en conditions proches de la compétition pour valider la prise, la régularité et la digestion.
Le journal de bord aide à objectiver les ressentis : quantité ingérée, répartition sur l’heure, sensations, éventuels troubles. Il devient alors possible d’identifier les combinaisons les mieux acceptées, par exemple un mix boisson plus gel, ou une alternance stricte entre unités standardisées. La cohérence prime toujours sur l’ambition : mieux vaut un débit modéré mais stable qu’une cible élevée instable.
Enfin, la stratégie doit rester flexible. Si la température grimpe ou si l’effort se fait plus heurté que prévu, on adapte la concentration des boissons et la fréquence des prises. L’objectif est une disponibilité énergétique constante sans surcharge digestive.
Pourquoi copier le haut niveau ne fonctionne pas toujours
Les athlètes d’élite évoluent dans un cadre spécifique :
- volume d’entraînement conséquent,
- exposition régulière aux protocoles d’apports élevés,
- staff pour calibrer les essais et ajuster finement.
Copier leurs chiffres sans filtre ignore la variabilité interindividuelle et le temps d’adaptation nécessaire. La physiologie s’éduque, mais elle ne se force pas.
De plus, les formats de course amateurs diffèrent souvent. Les à-coups, les attentes prolongées dans les sas, ou la gestion approximative des ravitaillements rendent l’application stricte plus délicate. Le risque est alors de confondre objectif théorique et faisabilité opérationnelle, avec à la clé inconfort digestif et baisse de performance.
La bonne approche consiste à s’inspirer des principes, pas à calquer les chiffres. La personnalisation reste le cœur de la réussite.
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Décider quand viser 90 à 120 g de glucides par heure
Les carburants glucidiques à haut débit offrent un levier de performance quand l’intensité est élevée et la durée prolongée. Ils reposent sur des mécanismes physiologiques cohérents et des données solides, mais leur application dépend du contexte et de l’individu. En pratique, on retient quatre critères. Le niveau du cycliste et sa capacité à répéter des intensités élevées. La durée et l’intensité de la sortie, qui dictent le besoin réel. La tolérance digestive, qui fixe le plafond utile. La capacité à tester et à ajuster, pour transformer un protocole en routine opérationnelle.
Viser 90 à 120 g de glucides par heure peut être pertinent, mais seulement si l’on a construit la tolérance et la logistique qui vont avec. Cette approche ne constitue pas une fin en soi. Elle est un outil au service d’un objectif : pédaler vite, longtemps, et de manière soutenable.
FAQ – 90 à 120 g de glucides par heure
Faut-il viser 90 à 120 g de glucides par heure à vélo ?
Ce débit peut être pertinent sur des efforts longs et intenses, à condition d’avoir entraîné le tube digestif et de pouvoir maintenir une prise régulière.
Comment entraîner mon système digestif à des apports élevés ?
Progressez par paliers sur des sorties spécifiques, testez la répartition des prises et stabilisez l’intensité pour améliorer la tolérance et la régularité.
L’approche 6d Sports Nutrition en « Units » est-elle adaptée à tous ?
Elle s’adresse surtout aux cyclistes qui planifient leurs glucides par heure ; elle demande des tests préalables et une familiarité avec la progressivité.
Quels sont les risques si j’impose 100 g/h sans préparation ?
Le principal risque est digestif : ballonnements, nausées et perte d’efficacité, avec parfois l’obligation de ralentir ou d’abandonner l’objectif.
Comment choisir mon débit glucidique selon ma sortie ?
Décidez selon l’intensité et la durée prévues, votre niveau et votre tolérance ; testez et ajustez jusqu’à trouver un débit stable et reproductible.



















