À retenir : Les vitamines et performance sont indissociables : elles soutiennent la production d’énergie, l’immunité et la réparation cellulaire chez le cycliste. Hydrosolubles et liposolubles n’ont pas les mêmes contraintes d’apport ni de stockage, ce qui impacte l’entraînement. Une alimentation variée et suffisante en énergie couvre les besoins sans recourir systématiquement à la supplémentation.
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Vitamines et performance : un rôle clé pour le cycliste d’endurance
Les treize vitamines alimentaires interviennent à toutes les étapes qui conditionnent la performance du cycliste : production d’énergie, protection contre le stress oxydatif, immunité, différenciation et réparation cellulaire. Elles se répartissent en deux familles aux implications pratiques distinctes.
Les vitamines hydrosolubles (groupe B et vitamine C) ne sont pratiquement pas stockées, ce qui impose des apports réguliers.
À l’inverse, les vitamines liposolubles (A, D, E, K) nécessitent des graisses alimentaires pour leur absorption et bénéficient d’un stockage plus durable, notamment dans les tissus adipeux et le foie.
La préparation culinaire et la chaîne du froid influencent directement la biodisponibilité. En effet, le stockage prolongé, le trempage, l’épluchage et la cuisson à grande eau peuvent réduire notablement la teneur en vitamines de l’assiette.
C’est pourquoi les cyclistes ont intérêt à alterner aliments crus et cuits, à limiter les surcuissons et à privilégier des produits frais. Par ailleurs, aucun aliment ne concentre à lui seul toutes les vitamines en quantités suffisantes : la diversité reste la stratégie numéro un.
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Hydrosolubles et liposolubles : implications concrètes pour l’entraînement
Les vitamines hydrosolubles soutiennent l’oxydation des substrats énergétiques. Les vitamines B1, B2, B3 et B6 orchestrent l’utilisation du glucose, des acides gras et des acides aminés, tandis que la vitamine C facilite l’absorption du fer et contribue aux défenses face au stress oxydatif. Comme elles se stockent peu, un volume d’entraînement soutenu impose une régularité des apports au fil de la journée.
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Les vitamines liposolubles répondent à d’autres leviers de performance. La vitamine A et son précurseur bêta-carotène interviennent dans l’immunité et la santé des épithéliums, la vitamine D influence l’absorption du calcium, la fonction immunitaire et la différenciation cellulaire, la vitamine E protège les membranes des cellules contre l’oxydation, et la vitamine K participe aux processus de coagulation et à des fonctions osseuses. Leur absorption dépend de la présence de lipides alimentaires, ce qui plaide pour l’intégration d’huiles de qualité dans les repas.

Besoins et ANC : ce que le cycliste doit retenir
Les apports nutritionnels conseillés (ANC) cités différencient hommes et femmes et prévoient un « coefficient correcteur » par tranche de 1 000 calories au-dessus d’un seuil de référence (environ 2 200 kcal pour l’homme et 1 800 kcal pour la femme). Sur le terrain, cela signifie qu’une semaine avec volume et intensité élevés appelle un ajustement des apports vitaminiques à la hausse, en cohérence avec l’augmentation des apports énergétiques.
Vitamine A et bêta-carotène : vision, immunité, intégrité des tissus
La vitamine A intervient dans la vision, la différenciation cellulaire, la croissance et l’immunité. Elle provient des produits animaux (foies, produits laitiers non écrémés, œufs, poissons) tandis que le bêta-carotène, son précurseur, est abondant dans les fruits et légumes colorés.
Les ANC se situent autour de 800 µg pour l’homme et 600 µg pour la femme pour la vitamine A totale, et autour de 2 400 µg pour l’homme et 1 800 µg pour la femme pour le bêta-carotène, avec un coefficient correcteur d’environ 1 000 µg par 1 000 calories supplémentaires.
Vitamine B1 : entrée du glucose dans les voies énergétiques
La vitamine B1 soutient l’utilisation du glucose et la production d’énergie, essentielle lors des efforts d’endurance. On la retrouve dans la viande, le poisson, les œufs, le pain et les légumes secs.
Les ANC tournent autour de 1,3 mg pour l’homme et 1,1 mg pour la femme, avec un ajustement d’environ 1 mg par 1 000 calories en plus.
Vitamine B2 : utilisation des acides gras et des protéines
La vitamine B2 intervient dans le métabolisme des lipides et des protéines et contribue à la production d’énergie, un atout pour les longues sorties à intensité modérée. Les sources majeures incluent produits laitiers, viandes, poissons et œufs.
Les ANC se situent autour de 1,6 mg pour l’homme et 1,5 mg pour la femme, avec un coefficient d’environ 1 mg par 1 000 calories supplémentaires.
Vitamine B3 (PP) : maillon central de la production d’énergie
La vitamine B3 participe directement aux coenzymes énergétiques. Elle est présente surtout dans les viandes et poissons.
Les ANC sont d’environ 14 mg pour l’homme et 11 mg pour la femme, avec un ajustement indicatif d’environ 2,5 mg par 1 000 calories supplémentaires.
Vitamine B6 : métabolisme des acides aminés et effort musculaire
La vitamine B6 soutient le métabolisme des acides aminés et l’utilisation du glucose, particulièrement sollicitée lors des entraînements avec fortes contraintes musculaires. On la retrouve dans les viandes, poissons, céréales, fruits et légumes.
Les ANC s’établissent autour de 1,8 mg pour l’homme et 1,5 mg pour la femme, avec un ajustement indicatif d’environ 1 mg par 1 000 calories supplémentaires.
Vitamine B9 (folates) : synthèse protéique et système nerveux central
Les folates interviennent dans la synthèse des protéines et le fonctionnement du système nerveux central. Les légumes verts en sont la principale source.
Les ANC se situent aux alentours de 330 µg pour l’homme et 300 µg pour la femme. Comme pour les autres vitamines du groupe B, les besoins peuvent augmenter en parallèle d’une hausse de la dépense énergétique, en privilégiant l’assiette plutôt que la pilule.
Vitamine B12 : synthèse protéique et tissus en renouvellement
La vitamine B12 contribue à la synthèse des protéines et au renouvellement cellulaire. Elle se trouve dans les aliments d’origine animale : viandes, poissons, œufs.
Les ANC sont de l’ordre de 2,4 µg par jour pour l’homme et la femme, avec un ajustement indicatif d’environ 1,5 µg par 1 000 calories supplémentaires.
Vitamine C : antioxydant, absorption du fer et immunité
La vitamine C protège contre l’oxydation, facilite l’absorption du fer, participe à la synthèse des catécholamines et soutient les défenses immunitaires. Les fruits et légumes frais en constituent la meilleure source.
Les ANC s’établissent autour de 110 mg par jour pour l’homme et la femme, avec un ajustement indicatif d’environ 100 mg par 1 000 calories supplémentaires.
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Vitamine D : métabolisme du calcium et immunité
La vitamine D participe à l’absorption du calcium et à la fonction immunitaire. On la retrouve notamment dans certains produits animaux et laitiers non écrémés, le beurre et la crème fraîche.
Les ANC se situent autour de 5 µg pour l’homme et 10 µg pour la femme, avec un ajustement indicatif d’environ 4 µg par 1 000 calories supplémentaires.
Vitamine E : protection des membranes cellulaires
La vitamine E agit comme antioxydant lipidique et protège les membranes cellulaires du stress oxydatif. Les sources importantes comprennent les huiles végétales, les noix et amandes, le germe de blé, les poissons gras et les légumes verts.
Les ANC sont d’environ 12 mg pour l’homme et la femme, avec un ajustement indicatif d’environ 12 mg par 1 000 calories supplémentaires.
Vitamine K : coagulation et ossification
La vitamine K, classée parmi les liposolubles, intervient dans la coagulation et des fonctions osseuses. Les besoins sont généralement couverts par une alimentation variée incluant légumes verts et certaines huiles.
Recommandations spécifiques aux sports intenses et aux fortes sollicitations
Les disciplines intenses appellent une vigilance particulière sur les vitamines du groupe B et sur les vitamines antioxydantes. En effet, une production d’énergie élevée sollicite fortement B1, B2, B3 et B6, tandis que le stress oxydatif propre aux charges d’entraînement et aux compétitions justifie un focus sur la vitamine C et la vitamine E. Lorsque les contraintes musculaires sont marquées, l’intérêt se porte plus spécifiquement sur la vitamine B6 et les vitamines antioxydantes.
Cette lecture ne conduit pas à une surenchère de compléments. Elle incite à caler l’assiette sur la dose d’entraînement : plus le volume et l’intensité augmentent, plus l’apport énergétique et la densité micronutritionnelle doivent suivre, avec des aliments bruts, variés et frais.
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Construire l’assiette du cycliste : diversité, densité et énergie suffisante
Aucun aliment ne contient toutes les vitamines en quantité suffisante. Une alimentation variée et équilibrée, au-delà d’environ 2 000 kcal selon la corpulence et la charge d’entraînement, devient la base pour couvrir les besoins en vitamines.
Au quotidien, il est pertinent d’inclure des produits laitiers, des fruits et légumes en alternant crus et cuits, des sources protéiques variées (viandes, poissons, œufs), des féculents répartis à chaque repas en fonction de la dose d’entraînement, et des huiles de qualité comme le colza, riche en acides gras essentiels qui favorisent l’absorption des vitamines liposolubles.
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Il faut toutefois relativiser la notion d’« aliment riche en ». Par exemple, la levure de bière est riche en vitamines du groupe B, mais il faudrait parfois en consommer des quantités importantes pour couvrir les besoins réels d’un cycliste à l’entraînement. Le bon sens prime : on construit la journée autour d’aliments simples, appétents, digestes, et on soigne la préparation pour préserver les vitamines sensibles à la chaleur et à l’eau.
Supplémentation vitaminique : intérêt limité en l’absence de carence
Chez un sportif avec un statut nutritionnel satisfaisant, la supplémentation vitaminique n’améliore pas la performance. En d’autres termes, la priorité va à l’assiette, pas à la gélule. La supplémentation ne se justifie que face à un statut insuffisant objectivé, à une contrainte contextuelle spécifique ou à une incapacité à couvrir les besoins par l’alimentation.
Le cycliste de route ou de gravel, sauf situation particulière, gagnera plus à structurer ses apports énergétiques et micronutritionnels qu’à empiler des compléments.
Pour le cycliste : relier vitamines et performance au quotidien
Les vitamines soutiennent les filières énergétiques, la protection oxydative, l’immunité et la réparation cellulaire, autant de déterminants de la performance en cyclisme de route et en gravel. Les hydrosolubles exigent des apports réguliers, les liposolubles demandent des lipides alimentaires pour une bonne absorption.
Les ANC cités et leurs coefficients correcteurs offrent un repère simple : ajuster avec l’énergie, pas avec des comprimés. En pratique, une alimentation variée, fraîche, correctement cuisinée et adaptée à la charge d’entraînement couvre la plupart des besoins en vitamines et permet d’aligner, au jour le jour, vitamines et performance.
FAQ – vitamines et performance
Quelles vitamines sont les plus liées à la production d’énergie à vélo ?
Les vitamines B1, B2, B3 et B6 soutiennent l’utilisation du glucose, des acides gras et des acides aminés, tandis que la vitamine C facilite l’absorption du fer, essentielles pour la production d’énergie en endurance.
Comment adapter les apports vitaminiques lors d’une grosse semaine d’entraînement ?
Il faut augmenter l’énergie totale et la densité micronutritionnelle, en s’appuyant sur les coefficients correcteurs par 1 000 kcal cités pour les ANC, plutôt que sur des compléments.
La supplémentation en vitamines améliore-t-elle la performance si mon alimentation est équilibrée ?
Non, les données mentionnées indiquent qu’une supplémentation ne booste pas la performance chez un sportif dont le statut nutritionnel est satisfaisant.
Quelles précautions de cuisine permettent de préserver les vitamines ?
Il faut limiter le stockage prolongé, éviter les cuissons à grande eau, réduire les temps de trempage et intégrer des aliments frais et parfois crus pour conserver les vitamines sensibles.
Quels repères alimentaires quotidiens pour couvrir les besoins en vitamines ?
Une alimentation variée au-delà d’environ 2 000 kcal selon la charge, avec produits laitiers, fruits et légumes, sources protéiques variées, féculents à chaque repas et huiles comme le colza.



















