Pourquoi l’amande est un allié de l’endurance à vélo

À retenir : L’amande, graine oléagineuse dense en lipides et micronutriments, soutient l’endurance avec une énergie stable et un index glycémique bas. Elle s’intègre avant ou après l’effort, plutôt qu’en plein intense, et se choisit de préférence en purée 100 % amande.

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Discrète dans une poche, puissante dans le temps, l’amande s’impose comme un levier simple de la nutrition d’endurance. En effet, son profil lipidique, sa richesse micronutritionnelle et son index glycémique bas en font un appui fiable pour les cyclistes qui cherchent une énergie régulière, sans pic ni creux.

Pourquoi l’amande séduit les cyclistes d’endurance

L’amande appartient aux graines oléagineuses et non aux fruits oléagineux. Cette nuance compte, car elle renvoie à des aliments naturellement riches en lipides et très denses sur le plan énergétique. Avec environ 575 kcal pour 100 g, l’amande figure parmi les sources végétales les plus concentrées.

Toutefois, l’intérêt ne se limite pas aux calories : cette graine cumule lipides majoritaires, protéines végétales, glucides en faible part assimilable, fibres, vitamines, minéraux et antioxydants.

Ainsi, elle répond aux besoins du cycliste d’endurance qui recherche une énergie étale, un apport de micronutriments protecteurs et une logistique simple au quotidien.

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Profil nutritionnel de l’amande : une densité utile à l’effort long

Sur le plan protéique, l’amande affiche environ 20 % de protéines. Néanmoins, il s’agit de protéines végétales incomplètes, avec un déficit en lysine et méthionine. Cela ne pose pas de problème si l’alimentation combine d’autres sources, animales (lait, œuf) ou végétales (légumineuses).

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Pour le cycliste, l’amande reste une source d’appoint plutôt qu’une base. Elle apporte toutefois de l’arginine, impliquée dans la fonction cardiovasculaire, et de la tyrosine, associée à la vigilance. Par ailleurs, son fort pouvoir satiétogène aide à stabiliser l’appétit entre deux séances, ce qui peut éviter les grignotages à indice glycémique élevé.

Au-delà des macronutriments, l’amande offre une matrice riche en vitamines du groupe B, en vitamine E et en minéraux, avec des polyphénols particulièrement présents dans la peau. Cette synergie explique son intérêt dans une stratégie d’endurance moderne qui privilégie la stabilité métabolique et la protection cellulaire.

Glucides et fibres : index glycémique bas, vigilance digestive

Sur le papier, l’amande contient environ 15 % de glucides. Dans les faits, seule une petite part est assimilable, autour de 5 %, avec moins de 3 g de sucres pour 100 g et un index glycémique très bas, proche de 15. C’est un point clé à vélo : l’amande ne déclenche pas de pic glycémique et favorise une stabilité énergétique.

Ainsi, elle s’intègre bien avant une sortie d’endurance ou en récupération, quand l’objectif est de reconstituer sereinement les stocks sans à-coup glycémiques.

En revanche, sa richesse en fibres, atout au repos pour moduler l’absorption des sucres et des graisses, peut devenir un inconvénient en plein effort. Les fibres accélèrent parfois le transit, surtout quand l’intensité grimpe. C’est pourquoi l’amande se montre plus pertinente avant ou après l’effort que pendant une séance intense.

Lors d’une sortie très longue à intensité modérée, une petite quantité peut néanmoins convenir à certains cyclistes, à condition d’avoir validé la tolérance digestive à l’entraînement.

Lipides et oxydation : l’avantage métabolique pour le cycliste

Les lipides représentent environ 54 % du poids de l’amande, avec un profil favorable : en majorité des acides gras mono-insaturés (près de 37 %, oméga 9), une fraction poly-insaturée autour de 10 % (principalement oméga 6) et peu d’acides gras saturés (environ 4 %). Pour l’endurance, c’est un atout double. D’une part, l’énergie lipidique est concentrée, avec 9 kcal par gramme contre 4 pour les glucides. D’autre part, l’oxydation des lipides fournit une énergie plus stable, en épargnant partiellement le glycogène, et génère moins de déchets métaboliques qu’une oxydation majoritairement glucidique. Cela peut contribuer, chez certains cyclistes, à limiter certaines courbatures post-effort, notamment après des volumes élevés à intensité modérée.

Concrètement, un apport lipidique de qualité soutient le métabolisme d’endurance, en particulier lors des périodes axées sur le travail en zone 2. Il prépare aussi les muscles à mieux utiliser les triglycérides intramusculaires, ce qui, à terme, favorise une économie de la filière glucidique aux intensités accessibles.

Toutefois, lors des séances intenses, la priorité reste le glucidique rapidement assimilable ; l’amande ne remplace donc pas les apports sucrés spécifiques à ces contextes.

Micronutriments et antioxydants : un bouclier pour l’endurance

L’amande concentre des vitamines B1 et B2, impliquées dans la production d’énergie, et une forte teneur en vitamine E, antioxydant liposoluble protecteur des membranes cellulaires. Elle apporte aussi du magnésium, essentiel à l’excitabilité neuromusculaire, ainsi que du potassium et du calcium, incontournables pour la contraction musculaire. Le phosphore contribue de son côté à la régulation du pH sanguin, paramètre clé lorsque les séances s’enchaînent.

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À ces éléments s’ajoutent des polyphénols, en particulier dans la peau, et des composés comme les squalènes et les phytostérols. Ensemble, ils participent à des mécanismes anti-inflammatoires et protecteurs.

Ainsi, l’amande agit comme un petit bouclier micronutritionnel lors des périodes de charge, à condition d’être intégrée régulièrement et non comme un « coup » ponctuel avant une séance.

Purée, beurre ou pâte d’amande : choix et usages à vélo

  • La purée d’amande réunit 100 % d’amandes broyées, en version blanche (mondée) ou complète, et constitue le meilleur choix nutritionnel pour le cycliste.
  • La purée complète, qui conserve la peau, apporte davantage d’antioxydants, ce qui renforce l’intérêt micronutritionnel au quotidien.
  • Le beurre d’amande reste proche de la purée, bien que certaines références ajoutent un peu d’huile ; il demeure pertinent si la liste d’ingrédients reste simple.
  • La pâte d’amande associe amandes, sucre et arômes ; elle relève davantage de la confiserie et son intérêt fonctionnel pour l’endurance se montre limité.

En pratique, la purée d’amande s’étale facilement sur du pain, s’incorpore dans un porridge ou se dose à la cuillère en collation. Elle apporte un socle lipidique stable et une charge glycémique modérée. Par ailleurs, sa texture facilite la consommation contrôlée, alors que les amandes entières peuvent inciter à des quantités plus élevées sans s’en rendre compte.

Quand et comment consommer l’amande dans une semaine d’endurance

Au petit-déjeuner, la purée d’amande s’accorde bien avec une base céréalière, car elle tempère la réponse glycémique et apporte des lipides utiles à l’endurance.

Avant une sortie longue en intensité modérée, elle peut constituer une option cohérente si elle s’intègre au dernier repas suffisamment en amont pour permettre une bonne digestion.

En récupération, elle accompagne une source de glucides pour reconstituer les stocks de manière progressive, tout en apportant des vitamines et minéraux.

En revanche, pendant un effort intense ou lors d’un travail de seuil, l’amande n’est pas l’outil adapté. Les fibres et la lenteur d’assimilation lipidique ne correspondent pas au besoin de sucres rapidement disponibles.

C’est pourquoi il convient de réserver l’amande aux moments où la stabilité prime, plutôt qu’aux phases de sollicitation métabolique maximale.

Quantités, tolérance et erreurs fréquentes

L’amande est dense. Il vaut donc mieux privilégier des portions modestes et régulières plutôt que des apports volumineux. Chaque cycliste possède une tolérance digestive propre ; il faut la tester à l’entraînement, notamment si l’on souhaite en consommer avant une sortie longue.

La version complète, plus riche en polyphénols et en fibres, peut majorer les bénéfices antioxydants, mais elle demande parfois une adaptation digestive. À l’inverse, la version blanche se digère souvent plus facilement.

Deux erreurs reviennent souvent :

  • confondre l’amande avec une source de glucides utilisables immédiatement,
  • l’introduire en grande quantité juste avant une séance intense.

Dans le premier cas, l’effort manquera d’énergie rapidement mobilisable ; dans le second, le confort digestif risque d’être compromis. Il convient donc d’ajuster sa place : en amont des efforts d’endurance, au quotidien pour la santé métabolique, et en récupération avec une part glucidique adaptée.

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Amande et stratégie glucidique : complément, pas substitut

Avec moins de 3 g de sucres pour 100 g et un index glycémique proche de 15, l’amande ne remplace pas les apports glucidiques nécessaires aux intensités élevées. Elle agit comme un socle énergétique lipidique, qui stabilise le terrain et épargne en partie le glycogène lors des phases d’endurance fondamentale.

Ainsi, la stratégie la plus efficace consiste à articuler l’amande autour des séances : avant pour la stabilité, après pour la récupération, et en dehors des moments où la demande glucidique immédiate domine.

Cette articulation s’accorde avec une approche moderne de l’endurance : optimiser la flexibilité métabolique, diversifier les substrats et limiter les à-coups glycémiques au quotidien. De plus, la présence simultanée d’antioxydants et de minéraux soutient les mécanismes d’adaptation à la charge, sans se substituer aux apports spécifiques de l’effort.

L’amande au service d’une endurance sobre et durable

L’amande coche les cases principales de la nutrition du cycliste d’endurance : densité lipidique utile, index glycémique bas, apport de fibres et de micronutriments protecteurs. Toutefois, elle reste un complément, pas une solution miracle ni un substitut aux glucides pendant l’intensité.

En choisissant la purée d’amande 100 %, en ajustant la quantité et le moment de consommation, le cycliste bénéficie d’une énergie régulière et d’un soutien micronutritionnel pertinent. C’est pourquoi, intégrée avec discernement, l’amande renforce une stratégie d’endurance moderne, sobre et durable.

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FAQ – amande et endurance

Pourquoi l’amande est-elle intéressante pour le cycliste d’endurance ?

L’amande combine une forte densité lipidique, un index glycémique bas et des micronutriments protecteurs, ce qui favorise une énergie stable sur la durée.

Peut-on manger des amandes pendant l’effort à vélo ?

Pendant un effort intense, ce n’est pas idéal à cause des fibres et de l’assimilation lente ; l’amande convient mieux avant ou après l’effort.

Purée d’amande ou pâte d’amande : que choisir pour l’entraînement ?

La purée d’amande 100 % (blanche ou complète) est à privilégier, tandis que la pâte d’amande, riche en sucre, a un intérêt fonctionnel limité.

L’amande apporte-t-elle des protéines utiles au cycliste ?

Oui, environ 20 %, mais incomplètes ; elles restent un apport d’appoint, intéressant notamment pour l’arginine et la tyrosine.

Quel est l’index glycémique et la teneur en sucre de l’amande ?

L’amande affiche un index glycémique proche de 15 et moins de 3 g de sucres pour 100 g, avec environ 5 % de glucides assimilables.

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